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Nos Escales 2016

Novembre : un après-midi sous le signe du travail

C’est une réalité indéniable pour la majorité d’entre nous : nous passons aujourd’hui plus de temps sur notre lieu de travail qu’à notre domicile. Réelle source d’émancipation et d’épanouissement pour certains, le travail demeure une source de stress, de frustration voire d’ennui pour d’autres. Le terme « burn-out » (littéralement « brûler de l’intérieur, se consumer ») n’a jamais été autant galvaudé qu’à notre époque, et celui du« bore-out » (syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui) est désormais sur toutes les lèvres depuis plusieurs mois. Sujet dense et actuel, le travail a fait l’objet de notre Escale Philo du samedi 19 novembre. Rendez-vous était donné dans nos locaux de Nivelles pour en débattre et s’informer !

 Cette journée thématique a débuté 13h30 par une table ronde sur l’allocation universelle. Pour discuter de cette idée dont beaucoup de pays européens (Suisse, Finlande, France, Pays-Bas, Belgique) et de partis politiques de  tous bords débattent sérieusement ces derniers mois, nous avons eu le privilège de recevoir deux intervenants spécialistes du sujet : Philippe Defeyt, économiste, ancien président du  CPAS de Namur et secrétaire fédéral  d’Ecolo, ainsi que  Mateo Alaluf,  sociologue, professeur honoraire à l'ULB et auteur du livre « L'allocation universelle. Nouveau label de précarité » (Editions Couleur livres, décembre 2014). Le débat a bénéficié de l'éclairage  particulier grâce à l'intervention d'Eric Clémens, philosophe et écrivain qui a notamment écrit sur l'allocation universelle. 

 Notre Escale Philo s'est poursuivie à 16h avec une conférence participative de Flora Bernard. Diplômée de la London School of Economics, cette praticienne philosophe a fondé il y a quatre avec Marion Genaivre Thaé, une  agence de  philosophie implantée à Paris. Convaincue  que la philosophie permet aux managers de mieux penser le changement pour l'accompagner, elle met à profit ses 15 années d'expérience en entreprise pour aider chacun à donner du  sens à son action.  A l'initiative du Club des Managers Philosophes,  Flora Bernard animera la conférence participative "Quel manager-philosophe sommeille en vous?". Grâce à l'alternance entre des moments de conférence classique et de brefs exercices à faire seul ou à plusieurs pour mettre la pensée en route, les membres du public auront l'occasion de faire une expérience de philosophie pratique tout en s'inspirant des plus grands penseurs. 

 A 20h, c'était au tour de Thierry Barez, directeur du CEDAS (Centre de Développement et d’Animation Schaerbeekois), de monter sur scène pour nous présenter la  conférence  gesticulée « Un pauvre c’est comme un compte en banque, ça se gère ».

 Evidemment, un pauvre, un précarisé, une petite gens ça se gère ! C’est même un des principes d’une société capitaliste. Mais pour ça il va falloir les empêcher de tourner en rond (sic), il  faudra les diviser, les angoisser, sans oublier de les reproduire à l’école. Dans ses révoltes, ses interrogations, dans le rôle qu'il prend ou qu'il ne veut plus prendre, cette conférence vous  emmène dans les coulisses de ces stratégies de domination diablement efficaces.

 

Avril : la culture au coeur des débats

Du 23 au 28 avril derniers, les Escales Philo ont abordé la vaste thématique de la culture. Un fil rouge que nous avons partagé avec le Festival Philosophia qui a lieu chaque année dans le sud de la France et qui a fêté en 2016 sa première décennie.

A priori, les contextes d'enseignement de la philosophie en France et en Belgique sont assez différents, voire totalement contraires. En Belgique, on nourrit l'idée que nos voisins français côtoient la philosophie depuis le lycée alors que, depuis l'Hexagone, on suit avec intérêt l'émergence d'un cours de philosophie et de citoyenneté au sein du plat pays. Ne parlons même pas du cours de morale qui disparaît chez les uns et qui apparaît chez les autres. Mais qu'en est-il en réalité ?  

 Notre « Après-midi franco-belge : la culture en débat » organisé le 23 avril nous a, dans un premier temps, permis d'y voir plus clair. Au programme, une table ronde intitulée       « France-  Belgique, comment aborde-t-on  aujourd'hui l'enseignement de la philosophie? » centrée autour de "praticiennes" originaires de 3 régions différentes (Bruxelles, Flandre et   Bordeaux). Cet événement a permis d'aborder leurs méthodes de travail respectives, les  supports qu'elles utilisent en classe mais aussi les philosophes-phare auxquels elles font       régulièrement référence.

 

 A 16h30, nous avons eu la chance de recevoir Mazarine Pingeot et Pascal Chabot pour débattre de la question : « La pédagogie de la  philosophie est-elle un enjeu culturel  ? ». Au  cœur   de cette discussion réunissant deux passionnés de philosophie aux parcours très  différents, nous avons eu l'occasion d'aborder les  notions cruciales de la  transmission et de l’enseignement.

Le 26 avril, c'est Sam Touzani qui a enflammé (et rempli !) le Wauxhall avec son spectacle "Liberté, égalité, identité !". Un one-man show à la   fois drôle, émouvant et interpellant qui a littéralement conquis les quelques 600 participants présents ! Enfin, le 28 avril, Paul Jorion nous a fait  l'honneur de présenter une conférence sur les liens entre culture et économie. Un exposé au cours duquel il a utilisé l’exemple de John Maynard Keynes (1883 – 1946) pour montrer que comprendre l’économie exige encore aujourd’hui que nous soyons des « honnêtes hommes ».

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